Des adhérents de Traict d’Union Mès Environnement ont participé aux réunions organisées dans le cadre du SAGE Vilaine. Nous y avons défendu une gestion équilibrée de la ressource en eau, construite avec l’ensemble des acteurs du territoire, ainsi qu’une protection renforcée des zones de captage destinées à l’alimentation en eau potable.
Ces enjeux sont particulièrement importants dans notre département, où la qualité de l’eau est déjà préoccupante. Pourtant, alors que la France connaît des épisodes de sécheresse de plus en plus marqués, le projet de loi dit « d’urgence agricole » modifie profondément les règles de gestion de l’eau.

Pour mémoire, la précédente loi Duplomb avait été partiellement censurée par le Conseil constitutionnel et avait suscité une très forte mobilisation citoyenne, 2 500 000 signatures contre.
A noter que Madame La députée Sandrine Josso a voté contre ce projet de loi. « Cohérence écologique : Inscription de son action dans la continuité de ses combats de longue date pour la santé environnementale et l’eau. »
Un stockage de l’eau facilité
Face aux sécheresses répétées, chacun s’accorde sur la nécessité de mieux gérer la ressource en eau. Mais les solutions proposées interrogent.
Le projet de loi facilite la création d’ouvrages de stockage de l’eau, y compris dans certaines zones humides, tout en simplifiant les procédures environnementales. Il supprime notamment l’obligation de certaines réunions publiques et allège les mesures de compensation pour des projets implantés dans des milieux déjà dégradés.
L’objectif affiché est de doubler les capacités de stockage de l’eau à usage agricole d’ici 2035., pour l’instant les mega bassines profitent à 6 % des agriculteurs et coûtent très cher aux finances publiques.
Pourtant, les zones humides constituent des réservoirs naturels indispensables. Elles stockent l’eau, limitent les inondations, soutiennent les cours d’eau pendant les périodes sèches et accueillent une biodiversité remarquable.
Sur notre territoire, Cap Atlantique et la mairie d’Assérac mènent depuis plusieurs années une politique ambitieuse de préservation de ces espaces naturels. L’association a soutenu cette démarche et proposé la création de véritables « zones de non-faire » afin de préserver les secteurs les plus sensibles, en accord avec le CODEV.
Cap Atlantique, avec nos communes, multiplie les analyses de l’eau, que ce soit sur l’eau douce ou l’estran, pour contrôler la qualité de l’eau. Nous sommes notamment préoccupés par celle des eaux de baignade sur la plage de Pont-Mahé.
Sur le marais de Pont-Mahé, en déficit d’eau du à la sécheresse cet été, se pose la question de son alimentation en eau de mer ? En effet, la biodiversité est en réelle souffrance.
Nous pouvons nous interroger sur les principaux bénéficiaires de cette évolution législative : répond-elle avant tout aux besoins d’une agriculture de proximité ou favorise-t-elle surtout un modèle agricole intensif nécessitant toujours davantage d’eau ? Les profits contre notre santé ?
Une gestion de l’eau plus favorable à l’agriculture intensive
Le projet de loi prévoit de renforcer la représentation du monde agricole au sein des instances de gouvernance de l’eau. Les agences de l’eau, jusqu’à présent principalement rattachées au ministère chargé de la Transition écologique, pourraient également dépendre des ministères de l’Agriculture, de l’Économie, de la Santé et de l’Aménagement du territoire.
Cette évolution suscite des interrogations quant à l’équilibre des décisions futures.
L’eau est une ressource commune qui doit répondre à de nombreux usages : alimentation en eau potable, préservation des milieux naturels, activités économiques et agriculture.
Dans un contexte de changement climatique, privilégier un seul usage au détriment des autres risque d’accentuer les tensions sur la ressource, d’aggraver la baisse des nappes phréatiques et de fragiliser davantage les écosystèmes aquatiques.
Une gestion durable suppose au contraire de rechercher un équilibre entre les besoins agricoles, la protection de la biodiversité et l’intérêt général.
Il existe des solutions, par exemple, traiter les eaux usées produites par l’affluence touristique.
Voir l’article de France info de Article rédigé par Robin Prudent – envoyé spécial dans les Pyrénées-Orientales France Télévisions, le 2/8/2026
Nous sommes dans un espace géographique où les touristes affluent et assurent l’économie de la Presqu’île guérandaise, alors réutilisons l’eau consommée.
Des dérogations dans la lutte contre la pollution de l’eau
Traict d’Union Mès Environnement s’est toujours prononcée en faveur d’une protection renforcée des zones de captage d’eau potable, notamment dans le débat publique organisé par le SAGE de Vilaine.
Aujourd’hui encore, certaines communes françaises doivent distribuer de l’eau en bouteille en raison de pollutions persistantes des nappes phréatiques. Cette situation entraîne des coûts importants et une consommation supplémentaire de plastique.
Avec l’apparition de nouvelles préoccupations liées aux PFAS, au cadmium et à d’autres micropolluants, le traitement de l’eau devient de plus en plus coûteux pour les collectivités et, finalement, pour les usagers.
Le projet de loi prévoit plusieurs assouplissements, notamment la possibilité de suspendre certaines redevances sur les pesticides destinées au financement des agences de l’eau.
Dans le même temps, l’État souhaite concentrer ses moyens sur les captages jugés « prioritaires ». Cette orientation soulève une question : que deviendront les captages qui ne bénéficieront pas de cette priorité ? Qu-est ce qu’un captage « prioritaire ?
Comme cela a été rappelé lors des travaux du SAGE Vilaine, protéger les zones de captage reste la solution la plus efficace et la moins coûteuse à long terme.
La réintroduction de deux pesticides
Le texte prévoit d’autoriser, à titre dérogatoire, la réintroduction de l’acétamipride et du flupyradifurone, deux substances interdites en France mais autorisées au niveau européen.
Cette décision suscite de nombreuses inquiétudes pour la santé des français.
Ces pesticides sont accusés de contribuer au déclin des insectes pollinisateurs et de contaminer durablement les sols ainsi que les milieux aquatiques. Leur utilisation fait également l’objet de débats scientifiques concernant leurs effets potentiels sur la santé humaine.
Confier à l’ANSES, Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail, placée sous la tutelle du ministère de l’Agriculture, la possibilité d’accorder ces dérogations fait craindre à certains observateurs que les considérations économiques prennent davantage de poids dans les décisions que la santé des français.
Plutôt que d’aligner la France sur les normes européennes lorsqu’elles sont moins protectrices, beaucoup estiment qu’il conviendrait de poursuivre les efforts engagés en faveur de pratiques agricoles moins dépendantes des produits phytosanitaires.
A l’école on apprenait à atteindre les résultats du premier de la classe et non des derniers. Il faut lutter contre les lobbies qui influent sur les élus européens, afin d’obtenir une réglementation qui nous préservera, nous et les générations futures.
La construction de bâtiments d’élevage facilitée
Le projet de loi simplifie également les procédures permettant la construction ou l’extension de bâtiments d’élevage.
Cette mesure pose toutefois une question essentielle : quel modèle d’élevage souhaite-t-on encourager ? Quelle qualité ? Le bien-être animal, volonté qui semblait pourtant émerger, ne serait plus pris en compte ?

Cette période de canicule a entraîné l’abattage de milliers d’animaux qui ont succombé à la concentration excessive associée à la chaleur! Augmentation de 70 % sur les volailles, 55 % sur les porcs dans les élevages intensifs.
Face à une crise sanitaire sans précédent dans le secteur de l’élevage, l’État a dû intervenir massivement pour prendre en charge plus de 9 127 tonnes d’animaux morts, principalement des millions de volailles telles que les poulets de chair et les poules pondeuses, ainsi qu’une augmentation notable de la mortalité chez les porcs. Cette mobilisation reflète la gravité de la situation, qui nécessite une gestion rigoureuse afin de limiter les impacts sanitaires, économiques et environnementaux liés à cette mortalité de masse.
La saturation logistique des centres d’équarrissage dans l’Ouest atteint un seuil critique, entraînant un débordement total des capacités de traitement des carcasses animales. Face à cette situation d’urgence, les préfectures ont pris la décision, bien que temporaire, d’autoriser l’enfouissement exceptionnel des carcasses à proximité immédiate des fermes. Cette mesure, bien que délicate, apparaît comme une solution pragmatique et nécessaire pour éviter l’accumulation dangereuse de déchets animaux, qui pourrait rapidement engendrer des problèmes sanitaires majeurs.
L’élevage extensif, intégré à notre territoire guérandais, ne présente pas les mêmes impacts que les exploitations industrielles concentrant plusieurs milliers d’animaux.
Ces dernières peuvent produire d’importants volumes d’effluents, susceptibles de dégrader la qualité des eaux et de favoriser la prolifération des algues vertes sur certaines côtes.
Notre territoire connaît déjà les conséquences de ces phénomènes. Pour mémoire en 2024, 1800 tonnes d’algue verte ramassée sur la plage de Pont Mahé, commune Assérac. Le ramassage est subventionné par Cap Atlantique La Baule Guérande agglo.
Faciliter les constructions sans renforcer parallèlement les garanties environnementales risque d’accentuer les pressions sur les ressources naturelles. Le développement de l’agriculture ne peut être durable que s’il s’accompagne d’exigences élevées en matière de protection de l’eau, des sols et de la biodiversité.
Les autres dispositions du projet de loi
Les autres mesures actuellement en discussion feront l’objet d’une analyse ultérieure :
- Une protection des loups allégée.
- Des négociations de prix face aux industriels plus encadrées.
- Une souveraineté alimentaire renforcée.
Nous resterons vigilants face aux décisions prises. Nous pensons que la protection de l’Environnement et l’agriculture sont conciliables, mais que l’agriculture intensive ne peut faire l’impasse sur la santé humaine et la préservation de notre planète. L’enjeu est majeur, nous pensons aux générations à venir, nous voulons pour eux un monde vivable.

« Nous n’héritons pas de la terre de nos parents, nous l’empruntons à nos enfants. »
Antoine de Saint-Exupéry
Protection de l’environnement et de la qualité de vie





