Fous de Bassan

D’un geste démentiel,

Ils déchirent le ciel,

Ils en volent le bleu

Pour habiller leurs yeux

Déjà cerclés de noir,

Maquillage illusoire.

Nuages blancs dans les airs,

Ces beaux oiseaux solaires

S’offrent aux éléments,

Et s’amusent du vent.

Et puis soudainement,

Les ailes repliées,

D’un coup de bec tranchant,

Ils ouvrent l’océan

Pour s’en aller pêcher.

D’un plongeon très adroit,

Ils fondent sur leurs proies,

Sombrant un court instant.

Émergeant brusquement,

Les voici qui se posent,

Voiliers flottant sur l’eau,

Ballottés par les flots, 

Gîtant d’une aile à l’autre,

Loin de tout, loin des côtes,

Insaisissables,

Infatigables,

Admirables.

Poésie d’Annie Escoute

Du 9 novembre 2023